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Rafaël Lucas présente Aquisuds

« Quand j’entends le mot culture (ou civilisation), j’enlève le cran de sûreté de mon revolver. » Cette phrase devenue célèbre est tirée d’une pièce de théâtre, intitulée Schlageter, d’un certain Hanns Johst, jouée le 20 avril 1933, le jour de l’anniversaire de Hitler…

Le mot culture suscite énormément d’émotions, de rêves, d’engagement, de mythes et de combats. Ce n’est pas un hasard s’il provoque l’hostilité assassine des fascismes et autres intégrismes. Le nazisme, qui était une « identité meurtrière », pour parler comme Amin Maalouf, allait d’ailleurs illustrer sa phobie de la diversité culturelle à grands coups de camps de concentration et d’extermination. Le mélange de cultures débouche sur la véritable aventure qu’est l’interculturel : une aventure collective, humaine et identitaire.

Dans l’Histoire, l’interculturel a souvent été le produit d’un vivre ensemble résultant de conquêtes ou d’expansion de grands empires. Cela ne signifie pas pour autant des rapports d’assimilation forcée. Parfois les vainqueurs adoptent la culture des vaincus, comme le firent les « Barbares » qui adoptèrent en Europe la culture et la religion de la Chrétienté. D’autres fois, une culture portée par une religion étrangère est répandue dans de vastes régions par les habitants originaires eux-mêmes, comme le montre le rôle des commerçants dioula et des confréries africaines dans l’expansion d’un Islam tolérant en Afrique Occidentale du XI° au XVII° siècle.

Dans l’Europe de l’après Guerre, après 1945, le phénomène de  l’immigration massive a introduit de nouvelles dynamiques interculturelles : d’abord diffuses et informelles, puis très vite relayées par des associations et prises en charge par les collectivités locales.

L’Aquitaine est un espace privilégié de rencontres culturelles, en tant que lieu d’immigrations diverses (Britanniques, Juifs espagnols et portugais (XVI°-XVII°), Italiens, Allemands, Maghrébins, Africains, Malgaches, Asiatiques, Turcs, Espagnols, Portugais, Européens de l’Est, immigration intranationale des DOM-TOM). Dans le cas de Bordeaux, un véritable tissage d’organismes entretient la vitalité de l’interculturalité : des institutions culturelles (Musée d’Aquitaine, la l’IDDAC, les Archives Départementales, la Bibliothèque de Meriadeck), des organismes d’interface entre l’Etat et les populations immigrées (LACSE, ALIF, le RAHMI), des centres d’études universitaires (la Maison des Suds, la MHSA, le CELFA, le LAM, Caraïbes Plurielles, la Faculté d’Ethnologie), des festivals institutionnalisés (Nuits Atypiques de Langon, Rencontres Africaines de Pessac, le Sénéfesti de Cenon) et des initiatives privées de grande envergure comme l’Institut Culturel Bernard Magrez.

AquiSuds a vocation d’être un passeur et fournisseur d’informations dans cet écosystème culturel plein de vitalité. Quand j’entends le mot culture, je sors mon agenda.

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